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Association de Propriétaires de Blue Djinn & Djinn7

Récits

Bagueno - 3 semaines en Blue Djinn

  

3 semaines en Blue-Djinn

L'été dernier, pour la première fois, nous avons décidé de consacrer nos 3 semaines de vacances à visiter l'Ile de Ré, en nous y rendant par la mer au départ de notre port d'attache dans la rivière d'Arzal.

Ma plus grosse incertitude : N'allions nous pas trouver le bateau petit pour y vivre pendant une si longue période ?
Le trajet par la mer ne m'inquiétait pas trop. Il y a suffisamment d'abris sur la route pour y laisser passer un éventuel coup de vent.

 

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1er jour Camoël > Le Croisic 18M

Pour quitter mon mouillage à Camoël, nous sommes tributaires de la marée.
Nous partons donc vers 15H. En fonction des conditions de vent, les destinations possibles sont Piriac, Le Croisic ou Pornichet. Ce sera Le Croisic, où nous arrivons à marée basse,
alors que l'accès n'est normalement possible que 1 heure et demi avant ou après BM.
Heureusement que la dérive et le safran se relèvent

2ème jour Le Croisic > Pornic 25M

Notre prochaine étape pourrait être l'Herbaudière ou l'Ile d'Yeu. Le vent est faible et mal orienté.
Ce sera Pornic. Ici nous sommes en terrain connu, c'est LE port des Nantais.

3ème jour Pornic > Les Sables 32 M

La prochaine étape doit être Saint Gilles Croix de Vie, en passant par le Gois. Là aussi nous sommes tributaires de la marée, ce qui oblige à ne partir
que vers midi, pour passer le Gois à marée haute.
Nous mettons notre spi pour la 1ère fois. Nous faisons même un empannage sous spi pour le fun, car il faut affaler aussitôt après. Nous arrivons un peu trop tôt, et il va falloir approcher du Gois prudemment pour pouvoir faire demi tour s'il n'y a pas assez d'eau.
Finalement ça passe. Les conditions sont royales.
Nous remettons le spi après le goulet de Fromentine. Devant St Gilles, Nadine trouve qu'il est tôt, et nous poussons jusqu'aux Sables d'Olonne, où nous arrivons  quand même tard, entre 20H et 21H

4ème jour Les Sables > Ars en Ré 25M

Nous sommes proches du but. Je me dis que nous n'avons donc pas besoin de partir trop tôt. Nous discutons avec des plaisanciers qui nous font découvrir la pierre blanche, un produit écologique qui permet de nettoyer et blanchir les coques. Nous en ferons l'acquisition dès que possible. Finalement, nous partons un peu tard, à midi passé, dans la pétole, et nous devons mettre le moteur une bonne partie du trajet pour ne pas arriver après la fermeture de l'écluse à Ars en Ré. Cela nous donne l'occasion de croiser Guy Bernardin qui rentre d'un tour du monde en trois ans sur Spray of Briac et AKENA venu l'accueillir.

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A l'approche de l'Ile de Ré, le vent se lève. Je ne connais pas encore l'endroit, mais je me dis qu'il ne doit pas être nécessaire d'aller chercher la bouée Bûcheron 1 pour revenir ensuite contre le vent. Nous passons donc en plein sur le banc, en surveillant de près l'état de la mer pour deviner ce qu'il y a au fond, mais à priori, passer un banc de sable au portant sur une mer encore plate avec une dérive relevable ne doit pas être un problème. C'est la bonne option; nous gagnons probablement une bonne heure et nous pouvons passer la nuit tranquilles, à Ars en Ré, dans le vieux port, suivant en cela le conseil de Jean Claude (JEGOU).

Les jours suivants

Un coup de vent plus fort nous bloque au port, mais nous l'avions prévu. L'heure du tourisme et de la visite de l'île a sonné. Nous louons des vélos pour aller au phare des Baleines. Nous visitons le phare qui illustre le célèbre proverbe rhétais : "Pour que ça tourne rond, il faut que les choses soient carrées".

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Ars en Ré > St Martin de Ré 9M

Après quelques jours passés à visiter le nord de l'île, nous larguons les amarres pour aller à Saint Martin de Ré et visiter le reste de l'île.
La batterie commence à être faible. Jean Claude nous amène un chargeur d'un coup de scooter, et la voici rechargée à bloc.

St Martin de Ré > La Rochelle 10M + 20M pour Fort Boyard

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Ce port, situé en pleine ville, est extrêmement dépaysant. J'ai sans cesse l'impression d'être dans les îles Anglo-Normandes.
   

Après avoir visité le sud de l'île et laissé passer un nouveau coup de vent, nous décidons de bouger et d'aller à l'île d'Aix. Malheureusement, les mouillages situés au Nord de l'île sont trop loin de la côte pour que je me risque à aller à terre avec mon annexe. Ceux situés près du débarcadère des vedettes sont trop secoués pour que j'y laisse mon bateau. Nous repartons jusqu'à Fort Boyard, où nous faisons une photo souvenir.

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Après avoir hésité sur la destination, nous rentrons finalement à La Rochelle car il est probablement trop tard pour remonter très haut la Charente.

La Rochelle > Ars en Ré 20M

Le lendemain nous repassons sous le pont.

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Nous faisons une escale au banc du Bûcheron, car nous ne voulons pas repartir sans avoir vu cette curiosité.

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Malheureusement, le jour était mal choisi, ou bien je n'ai pas mouillé au bon endroit. A l'échouage, le bateau se fait tosser sur le banc et des petites vagues explosent sous la dérive. Quand la mer remonte, mes craintes s'avèrent fondées. La dérive est bloquée par du sable et des coquillages. Impossible de la débloquer sur place. Nous rentrons au moteur. J'arriverai à la débloquer le lendemain après une nouvelle séance de plongée dans l'eau du port. Jean Claude nous présente Philippe, le skipper de Papy Rusé, et son épouse et nous fait découvrir le bar du CNAR. Nous trouvons de la pierre blanche au marché, mais nous n'aurons pas l'occasion
de l'essayer longtemps. Une maladresse la fait tomber dans le port. Heureusement que c'est non polluant.

Ars en Ré > Port Bourgenay 18M

Après avoir vu le magnifique feu d'artifice à Ars en Ré, il faut penser au retour, qui peut être long car il va se faire contre le vent. Nous partons dès l'ouverture de l'écluse, c'est à dire vers 14H. L'étape sera forcément courte, d'autant plus que nous devons tirer des bords. A l'arrivée au port, le moteur nous fait un 1er caprice et nous devons rentrer en remorque.

Port Bourgenay > St Gilles Croix de Vie 20M

Les jours se suivent et se ressemblent. Nous partons avec un vent faible qui monte dès midi à 4 beaufort et nous tirons des bords sur une mer hachée.

St Gilles Croix de Vie > Ile d'Yeu 17M

Même temps que la veille. A port Joinville, nous sommes à couple avec un bateau de La Rochelle. Ils ont passé leurs vacances en Bretagne et n'ont eu que du mauvais temps. Nous avons eu de la chance de partir vers le sud. C'est peut-être le seul endroit qui a été épargné.

Ile d'Yeu > Le Pouliguen 34M

Toujours du vent faible le matin, mais il force sérieusement ensuite. Nous nous faisons secouer copieusement pendant la traversée de l'estuaire. Nous arrivons au Pouliguen très près de l'heure de basse mer et je ne suis encore jamais rentré dans ce port. Nous arrivons à trouver le chenal et nous rentrons prudemment dans moins d'un mètre d'eau.

Le Pouliguen > Piriac 18M

Cette fois ci, nous sommes proches du but. Nous avons pris suffisamment de marge pour ne pas être pressés. Nous pouvons prendre notre temps et faire de toutes petites étapes.

Piriac > Camoël 12M

Une dernière étape très courte et nous arrivons de bonne heure pour décharger le bateau et le remettre à son coffre.

Les enseignements de ces 3 semaines ?

Le Blue Djinn est petit, certes, mais on peut y passer 3 semaines sans se sentir à l'étroit, pour peu qu'il fasse beau et qu'on soit souvent dehors. Nous avons eu quelques périodes de pluie, mais un taud tendu sur la bôme permet d'avoir une zone abritée supplémentaire, qui fait un sas entre l'extérieur et l'intérieur, qu'on arrive à garder sec.

Le Blue Djinn reste un bateau à petit budget. Il permet de se loger à pas cher; 18 € la nuit à Saint Martin de Ré pour 2 personnes, c'est assez compétitif. Pour les repas, il est possible de cuisiner sur le bateau, ce que nous avons fait assez souvent, mais on peut aussi dépenser l'économie réalisée sur le logement en allant au restaurant le soir.

Le Blue Djinn est un bateau marin. Sur près de 300M qu'aura duré notre périple, sans doute plus avec le louvoyage, nous avons eu parfois
des conditions musclées. Le bateau ne remonte pas très bien au près dansle clapot, mais on arrive quand même à faire 20M contre le vent dans la journée.

Cette année, (NDLR : 2009) nous prévoyons de passer nos vacances en Bretagne Sud. J'espère que nous en ramènerons un aussi bon souvenir.

Benoît BERTON